“Des hommes et des dieux“, réalisé par Xavier Beauvois, est un film français qui a suscité une grande émotion et a reçu le Grand Prix du Jury du Festival de Cannes 2010. Ce long métrage s’inspire de l’assassinat des 7 moines de Tibhirine en 1996 en Algérie, pour placer le spectateur face au dilemme moral d’hommes de foi emportés par la violence. En d’autres termes, le réalisateur montre l’essentiel : le choix difficile, fait en toute conscience par ces hommes, de rester au monastère et dans cette région, quels que soient les risques encourus.
Synopsie :
Un monastère perché au milieu des montagnes algérienne, dans les années
1990. Huit moines chrétiens français, appartenant à l’ordre cistercien, vivent en harmonie avec leurs frères musulmans. Le monastère, dans lequel cette petite communauté de frère vit, sert de dispensaire médical pour la population locale. Quand une équipe de travailleurs étrangers est massacrée par un groupe islamiste, la terreur liée à la guerre civile algérienne s’installe dans la région. L’armée propose une protection aux moines, mais ceux-ci refusent. Doivent-ils partir ? Malgré les menaces grandissantes qui les entourent, la décision des moines de rester coûte que coûte, se concrétise jour après jour…
Par ailleurs il est important de noter que cette fiction ne traite pas de l’enlèvement et l’assassinat des moines (mais des 3 années qui précède la tragédie). Il ne propose pas non plus d’hypothèse sur les circonstances de leur mort. Le drame que vivent les personnages n’est pas non plus un prétexte pour traiter de la guerre civile algérienne. Les événements politiques et leurs répercussions locales sont abordés du point de vue des frères cisterciens, selon la vocation de prière et de charité qui est la leur. L’accent est mis sur la liturgie vécue en commun, qui les soutient dans les épreuves, et les relations fraternelles avec les habitants des villages environnants
L’affaire : (source wikipedia)
Le 14 décembre 1993, 12 ouvriers croates sont égorgés à quelques kilomètres du monastère. Les auteurs probablement issus du GIA (Groupe Islamique Armé) ont séparé musulmans et chrétiens, pour ne tuer que ces derniers.
Le 24 décembre, dans la nuit de Noël, un commando du GIA se présente, menaçant, à la porte du monastère. Le père Christian, qui parle arabe, obtient qu’ils déposent leurs armes. Sayeh Atyah, le chef des islamistes, exige trois choses :
• que les moines versent de l’argent au GIA en signe de soutien. Refus catégorique du père Christian.
• que le frère Luc, médecin installé à Tibhirine depuis cinquante ans, aille immédiatement dans la montagne soigner des militants blessés. Le frère Luc se dit prêt à soigner quiconque se présentera au monastère, sans poser de questions, en vertu du serment d’Hippocrate.
• que les moines leur remettent le stock de médicaments. Le père Christian refuse, expliquant que le stock est très maigre et réservé aux pauvres.
« Vous perturbez la fête du prince de la paix, la fête de Noël », ajoute le père Christian. L’islamiste, impressionné, se retire, en précisant qu’il enverra ses blessés munis du mot de passe « Christian ».
Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, à 1 h 30 du matin, un groupe d’une vingtaine d’individus se présente et réclame frère Luc. Devant le refus du gardien, ils pénètrent de force et se précipitent alors directement vers le bâtiment où dorment les moines. Après des tractations avec le père Christian, ils réveillent six autres moines. Les membres du groupe islamiste les emmènent de force. Le Père Christian ayant déclaré au commando qu’ils étaient sept moines présents, deux frères restent cachés dans leur chambre et échappent à l’enlèvement. Frère Jean-Pierre et frère Amédée, seuls survivants et témoins directs des évènements de 1993 et 1996, livrent pour la première fois leur récit au micro de Philippe Reltien pour l’émission Interception de France Inter du 8 avril 2007.
Les moines enlevés n’ayant pas été abattus immédiatement, les autorités françaises croient à la possibilité d’une libération rapide. L’armée algérienne recueille des renseignements, mais rate le groupe d’extrême justesse dans cette région de maquis. L’avis des spécialistes à l’époque des faits est que les moines ont été conduits jusqu’à l’« émir » Zitouni.
Commentaires :
1. Cependant cette affaire laisse un certain nombre de questions encore sans réponses :
- Pourquoi le Vatican a-t-il été tenu à l’écart ?
- Quel a été le rôle et l’implication réelle de la France dans cette tragédie, en particulier lors des négociations ?
2. Quelques remarques
- Le président Sarkozy a levé le secret défense sur des éléments liés à cette affaire.
- Fin 2009, la commission consultative du secret de la défense nationale autorise la déclassification de documents détenus par la DCRI.
3. L’Assemblée Générale des Nations Unies a proclamé 2010 Année internationale du rapprochement des cultures, et a désigné l’Unesco, , l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture, pour jouer le rôle de chef de file dans la célébration de cette Année, mettant à profit une expérience précieuse de plus de 60 ans en faveur de la connaissance et de la compréhension mutuelle des nations . J’aimerai que l’Unesco organise une projection spéciale et l’intègre dans les événements prévus pour la célébration de cette Année.